L’Analyse du mois de Florence Maisel – Septembre 2015

En cette rentrée de septembre, ce sont à nouveau les évènements internationaux qui ont occupé le devant de la scène, reportant à l’arrière-plan l’actualité politique intérieure.

Au début du mois, l’Europe entière a été secouée par la photo du petit garçon syrien de 3 ans, retrouvé mort sur une plage turque, après le naufrage d’une embarcation de migrants. Mais face à l’Allemagne qui s’apprête à accueillir de 800.000 à 1 million de migrants en 2015, l’accueil des réfugiés continue à faire débat en France. Paris prendra toutefois sa part de l’effort européen, en accueillant 24.000 migrants sur les 2 prochaines années, soit 20% des 120.000 places mises en répartition par Bruxelles, sur des critères démographiques et de richesse.

La situation en Syrie, qui continue à alimenter le flux des migrants qui fuient par dizaines de milliers les horreurs perpétrées tant par Daesh que par les fidèles de Bachar al-Assad, a également été au cœur de l’actualité. L’armée française effectue désormais  des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, pour collecter des renseignements sur les centres d’entrainement et de décision de Daesh. Par ailleurs, François Hollande a rappelé à la tribune de l’ONU qu’il n’était pas question – contrairement à ce que souhaite la Russie – d’envisager  une solution politique avec le président syrien, dont il continue à réclamer le départ.

Au plan national, le jeu médiatico-politique consiste à créer une polémique par jour en mettant en exergue des petites phrases prononcées par les uns et les autres, et qui font l’actualité en lieu et place de sujets de fond. Emmanuel Macron a ainsi provoqué des tollés à répétition au sein de la majorité, suite à ses évocations publiques des 35 heures ou du statut des fonctionnaires. Le ministre de l’économie a toutefois réalisé à cette occasion une nouvelle percée dans l’opinion : 44% des français ont une image « plutôt positive de lui » et il devient la personnalité de gauche la plus populaire[1]. Dans l’opposition, c’est Nadine Morano qui a suscité une polémique après ses propos controversés sur la « race blanche ». Dans le même temps, les écologistes continuent à se diviser et Europe Écologie Les Verts à se décomposer[2].

La popularité du Président de la République baisse d’un point ce mois-ci[3] et un nouveau sondage donne François Hollande battu dès le premier tour de la présidentielle derrière Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé.

L’activité économique patine toujours : après deux mois stables, le nombre de chômeurs a à nouveau augmenté en août. L’Insee a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2015, à 1.1% contre 1.2%. L’agence Moody’s a sanctionné la faible croissance de la France en dégradant la note de la dette tricolore.



[1] Baromètre CSA pour les Echos

[2] Cinq députés écologistes (dont F. de Rugy et B. Pompili), et deux sénateurs (dont J-V. Placé), ainsi que divers élus ou cadres du parti ont quitté le parti depuis cet été. F. de Rugy et J-V. Placé ont lancé un nouveau mouvement, « Écologistes! » qui entend s’allier avec le PS dès le premier tour des élections régionales de décembre, contrairement à EELV

[3] Sondage IFOP pour le JDD

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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