L’Analyse du mois de Florence Maisel – Septembre 2014

La rentrée politique 2014 restera sans doute dans les annales comme l’une des pires depuis de très nombreuses années.

Le Président de la République, dont la popularité n’atteint plus désormais que 13%, a connu en début de mois une semaine noire, marquée par la publication surprise du livre de son ancienne compagne, et par la démission forcée de son nouveau secrétaire d’État au Commerce Extérieur, pour des raisons fiscales.

Désormais, 85% des français (et 65% des sympathisants PS) ne souhaitent pas qu’il soit candidat en 2017[1], et une enquête indique même qu’il serait battu par Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, par 54% des suffrages contre 46%[2]. Lors de sa conférence de presse, François Hollande a tenté d’inscrire son quinquennat dans la durée, tout en reconnaissant que les résultats de sa politique pourraient ne pas se matérialiser avant 2017.

Tandis que Manuel Valls est à peu près stabilisé dans l’opinion, avec 35% de satisfaits, c’est avec sa majorité parlementaire qu’il rencontre le plus de difficultés : lors du vote de confiance à l’Assemblée Nationale, les députés socialistes ont été plus nombreux à s’abstenir qu’en avril dernier, lors du précédent vote de confiance.  Pour marquer les esprits et en représailles, Bruno Leroux, Président du groupe PS à l’Assemblée, a décidé d’exclure six députés frondeurs de la commission des affaires sociales.

Dans le même temps, la gauche a perdu la majorité au Sénat qu’elle détenait depuis 2011, encaissant ainsi sa troisième défaite électorale en six mois, après les municipales et les européennes. Enfin, pour la première fois sous la Vème République, le Front National a fait son entrée dans la Haute Assemblée, avec deux élus.

C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy a choisi de revenir sur le devant de la scène politique, en se portant candidat à la présidence de l’UMP.

Les tensions sociales sont fortes : les pilotes d’Air France ont paralysé la compagnie pendant 14 jours de grève. Les représentants des professions réglementées, dont le statut est menacé par un projet de réforme, ont été nombreux à défiler dans les rues.

Si le chômage est resté stable au deuxième trimestre, l’Unedic annonce son aggravation pour 2015. Par ailleurs, le niveau de vie des français a reculé de 1%[3], ce qui est absolument sans précédent  depuis des dizaines d’années.



[1] Sondage IFOP pour le JDD

[2] Enquête IFOP pour le Figaro

[3] En 2012, dernière année connue, mais tout porte à croire que la tendance s’est poursuivie en 2013 et 2014

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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