L’Analyse du mois de Florence Maisel – Octobre 2014

Au cours du mois d’octobre, l’exécutif a continué à être en grande difficulté, aussi bien en son sein même (où les trois ministres radicaux ont menacé de démissionner du gouvernement) que vis-à-vis de sa majorité parlementaire au bord de la crise de nerfs.

La maire de Lille Martine Aubry a pris la tête de la fronde contre l’exécutif, et a prononcé un réquisitoire contre le chef de l’État, considérant qu’il fallait « en finir avec les vieilles recette libérales ». De son côté, l’ex-ministre Benoit Hamon a accusé le gouvernement de mener une politique économique « qui menace la République » et mène vers un « immense désastre démocratique ». Le Premier Ministre Manuel Valls a jeté de l’huile sur le feu en déclarant vouloir « en finir avec la gauche passéiste » et en proposant de bâtir une maison commune de toutes les forces progressistes dont le centre, éventuellement en changeant le nom du parti socialiste, ce qui a provoqué l’ire des cadres du parti.

C’est dans cette ambiance de cour d’école qu’ont néanmoins été adoptés en première lecture plusieurs textes importants à l’Assemblée Nationale: le projet de loi de transition énergétique, le projet de loi anti-terrorisme, la partie recette du projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui prévoit pour la première fois une modulation des allocations familiales en fonction des revenus.

Le gouvernement a dû également se battre pour son budget sur le front européen, puisque la Commission européenne a adressé une lettre à l’État français émettant des doutes sur le respect du pacte de stabilité. Paris a corrigé son budget et évité in extremis un bras de fer avec Bruxelles, qui lui a finalement accordé un feu vert provisoire.

Au plan de la conjoncture, l’inflation a atteint son niveau le plus bas depuis cinq ans, avec 0.3% sur les douze derniers mois. On se rapproche dangereusement de la déflation qui est un facteur de dépression de la consommation et d’augmentation du chômage, et qui pénalise le redressement des comptes publics. Selon l’OFCE, le FMI et l’OCDE, la croissance ne devrait être que de 0.4% pour 2014 et 1% en 2015. Elle sera insuffisante pour enrayer le chômage qui est fortement reparti à la hausse en septembre, atteignant le chiffre record de près de 3.7 millions de demandeurs d’emploi, forçant le ministre de l’emploi à reconnaitre que le gouvernement était en échec sur ce point.

Le mois d’octobre a été endeuillé par la mort accidentelle de Christophe de Margerie, PDG de Total, qui a reçu des honneurs dignes d’un chef d’État lors de ses obsèques.

Les bonnes nouvelles du mois, susceptibles de rehausser la fierté de la France, sont l’attribution du prix de Nobel de littérature à Patrick Modiano, et du prix Nobel d’économie à Jean Tirol, de la Toulouse Schools of Economics.

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *