L’Analyse du mois de Florence Maisel – Mai 2015

A deux ans de la prochaine élection présidentielle, François Hollande se comporte désormais de plus en plus nettement comme le candidat à sa propre succession, et continue à afficher un optimisme qui reste démenti par les faits, notamment au plan économique.

Lors du congrès du parti socialiste, la motion portée par Jean-Christophe Cambadelis et soutenue par le gouvernement, a recueilli plus de 60% des suffrages. L’exécutif pourra désormais espérer avancer dans ses réformes sans que « les frondeurs » ne représentent une menace permanente.

Au plan intérieur, le mois de mai a été marqué par une importante mobilisation contre la réforme du collège, présentée par Najat Vallaud-Belkacem, qui a renvoyé chaque famille politique à ses fondamentaux, la droite accusant la gauche d’organiser le nivellement par le bas, et la gauche accusant la droite de vouloir favoriser l’élitisme contre l’égalité[1].

Au plan international, François Hollande a déroulé une séquence favorable : 24 avions Rafale ont été vendus au Qatar début mai. Dans la foulée, le Président a été le premier chef d’État occidental à participer à un sommet des États arabes du Golfe, recueillant ainsi les bénéfices de sa diplomatie en soutien des monarchies sunnites. Quelques jours plus tard, lors de la tournée dans les Caraïbes, François Hollande a rencontré Fidel Castro, ce qui a été approuvé par une majorité de français, en dépit de la polémique politique[2].

Si les français apprécient la politique étrangère du gouvernement (à 44%), ils ne sont que 13% à être satisfaits de sa politique économique, alors même que la croissance du PIB a augmenté de 0.6% au 1er trimestre[3], rythme qui n’avait pas été observé depuis début 2013. Mais ce résultat est notamment dû à la faiblesse des prix du pétrole qui a permis aux ménages de dépenser plus. Par ailleurs, la reprise reste fragile : l’investissement des entreprises est insuffisant (+ 0.2%). Les importations augmentent plus vite que les exportations. Les destructions d’emplois (-13.500 en 3 mois) sont encore très nombreuses. Enfin et surtout, en avril, le nombre de chômeurs a atteint un nouveau record : 3,536 millions soit une hausse de 0,7 %, situation à laquelle le gouvernement a réagi en créant 100.000 nouveaux emplois aidés.

La popularité du chef de l’État reste à son niveau le plus bas de l’année (21%) et seuls 21% des français souhaitent qu’il se représente[4]. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy intensifie les attaques contre François Hollande et tente de rassembler les militants autour de lui, au moment où l’UMP devient « Les Républicains ». A ce stade, c’est Alain Juppé qui remporterait les primaires de novembre 2016, avec une avance de 10 points sur Nicolas Sarkozy.



[1] Le mouvement des enseignants contre la réforme du collège a été de faible ampleur : sept syndicats d’enseignants qui avaient appelé à une journée de grève, n’ont réussi à mobiliser que 27.6% contre la réforme, et les manifestations n’ont rassemblé par exemple à Paris que 3.500 personnes.

[2] 58% de français estiment que François Hollande «  a eu raison de rencontrer Fidel Castro au moment où Cuba s’ouvre au monde » car « il est important de montrer que la France joue un rôle international » – sondage Odoxa pour le Parisien et i>télé

[3] Contre 0.3% pour l’Allemagne

[4] Chiffre en légère augmentation – sondage Odoxa pour le Parisien et i>télé

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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