L’Analyse du mois de Florence Maisel – Juillet 2014

Le mois de juillet a été difficile pour le gouvernement. La rudesse de ses relations avec les partenaires sociaux et la fronde d’une partie de sa majorité au Parlement, ont donné la sensation d’une tension extrême permanente.

Mais au total, les dossiers importants avancent. En particulier, l’adoption du collectif budgétaire[1] a donné une traduction législative au Pacte de responsabilité et de solidarité, confirmant la trajectoire de baisse des charges. Le patronat s’est montré satisfait que le gouvernement accède à ses demandes concernant le report partiel du compte pénibilité à 2016, la simplification du code du travail, ou la révision du dispositif de temps partiel, ce qui a entrainé un boycott de la conférence sociale par une partie des syndicats[2]. Le projet de loi de simplification a été adopté à l’Assemblée Nationale, de même que la réforme territoriale prévoyant une nouvelle carte de France à 13 régions.

Le Président de la République, à l’occasion de son interview du 14 juillet, a confirmé que le cap du gouvernement resterait inchangé : réduction de 50 milliards des dépenses publiques sur trois ans, réduction du coût du travail et baisse des impôts pour les entreprises.

Mais si les réformes sont en marche, la situation économique ne s’améliore guère. François Hollande lui-même reconnait que la croissance pourrait encore s’affaiblir et le patron du Medef considère que la situation française est « catastrophique ». De fait, les signes négatifs se multiplient : l’INSEE a annoncé une croissance nulle pour le premier trimestre, et a abaissé les prévisions de croissance à 0.7% pour 2014[3], alors que Bercy prévoyait 1% cette année et 1.5% l’année prochaine. Le déficit commercial se creuse à nouveau sous l’effet d’une croissance des importations (+2.2%). Le chômage continue à progresser pour le huitième mois consécutif (+0.3% par rapport au mois précédent).

Les évènements internationaux dramatiques, comme la guerre au Proche-Orient, la crise Ukrainienne ou les catastrophes aériennes, contribuent à renforcer le sentiment que rien n’est plus sous contrôle.

Dans cette ambiance sombre, le Tour de France, qui a vu monter deux français sur le podium pour la première fois depuis trente ans, a été un motif de réjouissance nationale.



[1] Lois de finances rectificative et loi de financement rectificative de la sécurité sociale

[2] CGT, FSU, FO, Solidaires

[3] De même que le FMI

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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