L’Analyse du mois de Florence Maisel – Février 2015

Moins d’un mois après les attentats djihadistes qui avaient endeuillé la France et suscité un mouvement d’unité nationale au sein de la classe politique (« l’esprit du 11 janvier »), François Hollande a mis l’accent - lors de sa cinquième conférence de presse - sur le renforcement de la cohésion de la société française, avec par exemple l’élargissement du service civique ou la mise en place d’une réserve citoyenne.

Le Président de la République a ainsi souhaité ouvrir une nouvelle phase de son quinquennat dans laquelle les réformes économiques seront au second plan, et mettre en exergue les sujets de société comme l’école, les banlieues, la santé, la jeunesse ou le numérique. Il s’est également posé comme un leader de la communauté internationale, en tentant de sauver la paix en Ukraine, ou de trouver une solution pour la Grèce.

Mais c’est sa propre majorité qui a brutalement mis un terme à cette séquence d’unité autour de l’exécutif : les 120 heures de débat sur la loi Macron qui ont duré 3 semaines à l’Assemblée Nationale n’ont pas suffi à convaincre les « frondeurs » d’approuver un texte « d’inspiration libérale », contenant de nouvelles règles de licenciements collectifs, une réforme des prud’hommes, ou une extension même encadrée du travail dominical.

La parenthèse d’unité politique s’est donc refermée le 17 février, lorsque le Premier Ministre, contraint par le risque que le texte ne soit pas voté, a dû se résoudre à utiliser la procédure du vote bloqué (article 49.3 de la constitution). François Hollande ne compte cependant pas faire de pause et va s’atteler immédiatement à de nouvelles réformes sociales.

La bienveillance des français dont l’exécutif avait bénéficié au lendemain des attentats s’estompe. La cote de popularité du chef de l’État baisse de 5 points par rapport à janvier, avec 24% de personnes satisfaites[1].

Les élections départementales – dont une immense majorité de français ne comprend pas les enjeux – verront le Front National présenter des candidats dans la quasi-totalité des 2054 cantons. Le parti de Marine Le Pen sera donc probablement présent au second tour dans plus de la moitié des cantons.

Au plan économique, la France donne enfin quelques signes de reprise : le gouvernement table sur une croissance de 1% pour 2015. Les français se remettent à consommer (+0.6% en janvier) et le chômage a nettement diminué (de 0.5% en un mois) ce qui ne s’était pas produit depuis plus d’un an.  Mais du côté des entreprises, les enquêtes qui mesurent le climat des affaires restent décevantes, le moral des patrons n’évoluant pas depuis plusieurs mois.



[1] Sondage IFOP pour le JDD – février 2015

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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