L’Analyse du mois de Florence Maisel – Décembre 2014

L’assassinat par des criminels islamistes de l’équipe de Charlie Hebdo et de deux policiers, le 7 janvier à Paris, a totalement effacé le reste de l’actualité. En ce moment de révolte et de recueillement, l’union nationale s’est faite derrière le Président de la République qui a décrété une journée de deuil national.

La fin de l’année avait vu l’exécutif repartir à l’offensive. 

Lors d’un entretien télévisé début décembre, Manuel Valls a démenti les rumeurs de démission, et a réaffirmé son cap en matière de politique économique. Il est personnellement monté au créneau pour défendre le projet de loi Macron – par ailleurs sévèrement critiqué par une partie de la majorité[1] – se préparant à une épreuve de force au Parlement. Présenté par l’Élysée comme l’une des grandes réformes du quinquennat, ce texte vise à faire sauter un certain nombre de verrous pour libérer l’activité et la croissance[2]. Il est soutenu par une large majorité de français, qui ont une bonne image du Ministre de l’Économie Emmanuel Macron, et qui plébiscitent l’ouverture des magasins le dimanche, et l’ouverture à la concurrence des professions réglementées comme les notaires, les huissiers et les avocats[3].

La popularité du Président de la République remonte légèrement[4], comme si les français s’étaient enfin lassés du « Hollande bashing ». Le Président lui-même – qui a intégralement renouvelé son entourage – semble être plus à l’aise et plus offensif, n’hésitant plus à se projeter en 2017.  Engagé dans une tentative de reconquête de l’opinion à la veille d’une année électorale[5], il s’est posé lors de ses vœux aux français en président de combat, martelant un message de confiance. Sur France Inter en début d’année, il a assumé l’échec de sa politique de lutte contre le chômage, et sans faire de nouvelles annonces, a égrené la liste des chantiers en cours pour réveiller l’espoir d’une sortie de crise. Souhaitant donner du lustre à la deuxième partie de son mandat, François Hollande fait de la conférence mondiale sur le climat qui aura lieu à Paris fin 2012 un enjeu majeur de politique internationale. 

Au plan économique et social, la situation reste préoccupante.

La croissance pour 2015 devrait se situer aux alentours de 1%, grâce à la forte chute des cours du pétrole, à la dépréciation de l’euro et à des taux d’intérêt historiquement bas. Mais cette faible reprise devrait être insuffisante pour permettre aux entreprises d’investir et d’embaucher, alors même que le chômage a connu à nouveau une forte hausse le mois dernier. Par ailleurs, les prix ont baissé au mois de novembre, et les économistes redoutent que la France – comme une partie de la zone euro – ne rentre en déflation.



[1] Martine Aubry a dénoncé dans  « Le Monde » la régression que représenterait l’augmentation du nombre de jours d’ouverture des commerces le dimanche

[2] Depuis l’extension du travail dominical jusqu’aux conditions d’installation et aux tarifs des professions réglementées, en passant par la réforme de la justice prudhommale ou la réforme du permis de conduire poids lourds.

[3] Sondage Odoxa pour « Les Echos » et Radio classique

[4] + 4 points avec seulement 17% d’opinions favorables – sondage IFOP pour le JDD

[5] Départementales en mars et régionales en décembre

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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