L’Analyse du mois de Florence Maisel – Avril 2015

Au lendemain de la défaite pour le gouvernement du scrutin départemental, et trois ans après son élection, François Hollande ne parvient pas à sortir de l’impopularité. Le Président chute ce mois-ci de 4 points, et seuls 21% des français sont satisfaits de lui[1]. Plus inquiétant pour lui, le doute gagne même le socle de son électorat puisqu’il perd du soutien à gauche[2].

Lors de l’émission « Le Supplément » sur la chaine Canal +, le chef de l’Etat s’est exprimé pendant deux heures, et a annoncé un certain nombre de mesures en faveur des jeunes, comme l’élargissement de la prime d’activité aux emplois précaires et aux jeunes de moins de 25 ans, ou le soutien à l’apprentissage. Il a par ailleurs indiqué que le « compte personnel d’activité », qui avait été annoncé au début du mois d’avril, et qui regroupera en 2017  les différents comptes existants (pénibilité, formation, compte-épargne temps, etc.) serait la « grande réforme sociale » du gouvernement.

Une grande loi sur le renseignement a été votée à l’Assemblée nationale, au même moment où un projet d’attentat contre des églises à Villejuif était fortuitement déjoué par la police.

A l’occasion de la présentation du programme de stabilité, les ministres des finances et du budget ont annoncé un plan d’économies supplémentaires de 4 milliards en 2015 puis de 5 milliards en 2016. Un nouvel effort de rigueur va donc être demandé aux ministères, à hauteur de 1.2 milliard cette année et de 1.6 l’an prochain. En 2017, à la veille de la prochaine présidentielle, le déficit public de la France repassera sous la barre des 3% du PIB… avec 4 ans de retard sur le calendrier.

Le dégel de l’économie française semble se confirmer même si la France est toujours en retard sur le reste de l’Europe.  Le moral des chefs d’entreprise s’améliore dans l’industrie, et les entreprises exportatrices bénéficient de la baisse de l’euro. La consommation des ménages progresse, notamment grâce à la baisse du prix du pétrole qui apporte une bouffée d’oxygène en matière de pouvoir d’achat. Mais l’investissement, condition d’une reprise durable et de qualité, et les embauches, objectif ultime des politiques économiques gouvernementales, ne sont toujours pas au rendez-vous.

De fait, le seuil des 3.5 millions de chômeurs a été dépassé en mars. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, en France métropolitaine, a augmenté de 0.4% sur un mois et de 4.9% sur un an. Le gouvernement admet que le chômage ne baissera pas tant que la croissance n’atteindra pas 1.5%.



[1] Sondage IFOP pour le JDD – avril 2015

[2] Moins 7 points au PS, -7 au front de gauche, -4 à ELLV

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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