L’Analyse du mois de Florence Maisel – Août 2014

L’été a été meurtrier.

Tandis que François Hollande et Manuel Valls avaient préparé l’opinion à une rentrée économique difficile, et réaffirmé avec force le maintien du « cap » de la politique de l’offre incarnée par le pacte de responsabilité, c’est la rentrée politique qui a réservé le plus de surprises avec une crise majeure de l’exécutif.

La salve de mauvais indices publiés à la mi-août (croissance nulle au 2éme trimestre, recul de la production industrielle[1], baisse des prix à la consommation[2] faisant redouter la déflation, maintien du déficit commercial, recul de l’investissement des entreprises[3], hausse du chômage[4]) et la chute de popularité spectaculaire du Premier Ministre[5], ont incité le Ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, à braver le couple exécutif en prônant publiquement[6] la mise en œuvre d’une politique alternative.

Cette provocation du Ministre a été considérée comme un manquement inacceptable à la cohésion gouvernementale. Elle a conduit à la démission du gouvernement dans les heures qui ont suivi, et à la constitution dans la foulée d’un nouveau gouvernement, « Valls II ». Désormais, l’aile gauche du parti socialiste n’est plus représentée[7] et c’est Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires et conseiller de François Hollande, inspirateur auprès de lui de la politique de l’offre, qui remplace Arnaud Montebourg au Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

Le symbole fort de la nomination de Macron, et le discours puissamment pro-entreprises de Manuel Valls, le jour même du remaniement à l’université d’été du MEDEF, ont galvanisé les chefs d’entreprises qui ont fait une ovation au Premier Ministre.

Mais si la cohésion gouvernementale est désormais assurée, la majorité parlementaire est totalement déstabilisée par l’affirmation de la ligne socio-libérale de l’exécutif. Les frondeurs veulent faire entendre leur voix et s’opposer à une politique d’austérité et lancent un appel « Pour que Vive la Gauche », tandis que 200 députés socialistes « ni godillots, ni déloyaux » appellent au rassemblement derrière le Président de la République.



[1] -5% entre mars et juin

[2] – 0.3% par rapport à juin. Depuis un an, l’inflation n’a été que de 0.5%.

[3] -0.8% par rapport au 1er trimestre, qui avait déjà connu une baisse de 0.8%

[4] + 26.100 demandeurs d’emploi en juillet

[5] – 9 points en un mois dans le baromètre du JDD

[6] Dans une interview au Monde, puis à la fête de la rose

[7] A l’exception de Christiane Taubira, puisqu’Arnaud Montebourg, Aurélie Filipetti et Benoit Hamon sont sorti

Author

Florence Maisel

Managing Partner, France

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